Trois siècles d’histoire
Depuis la création par Nicolas Fouquet à sa gestion actuelle par la famille de Vogüé, le Château de Vaux-le-Vicomte a toujours été une demeure privée.
Vaux-le-Vicomte est né du rêve audacieux de Nicolas Fouquet, surintendant des finances de Louis XIV. En 1653, il entreprend de bâtir une demeure exceptionnelle, symbole de son pouvoir et de son goût pour les arts.
Lorsque son destin bascule en 1661 et qu’il est arrêté sur ordre de Louis XIV, jaloux de sa puissance et désireux d’en faire un exemple. Il est condamné à la prison à vie, après un procès qui aura duré plus de trois ans. Le roi fait confisquer ses biens, saisit ses collections, fait démonter une partie des décors, et disperse les trésors du château.
Pourtant, grâce au courage et à la ténacité de son épouse, Marie-Madeleine de Castille, Vaux-le-Vicomte ne disparaît pas totalement dans l’oubli. En 1673, après de longues démarches, elle parvient à récupérer la propriété du domaine. Elle y réside avec leur fils, même si le château, dépouillé, reste marqué par la disgrâce. Vaux-le-Vicomte devient un lieu plus discret, mais chargé d’une mémoire silencieuse.
Après Nicolas Fouquet : 3 familles successives
Au XVIIIe siècle, le domaine est vendu à différents propriétaires avant d’être acquis en 1705 par le maréchal de Villars, grand militaire de Louis XIV. Bien qu’il ne vive que peu à Vaux-le-Vicomte, il préserve l’intégrité du domaine. Son fils en hérite, mais la famille vend finalement le château en 1764 à la famille de Praslin (branche des Choiseul-Praslin), qui en reste propriétaire pendant plus d’un siècle. Ses descendants le conserveront pendant plus d’un siècle, dont 30 ans d’abandon, avant de le remettre en vente.
En juillet 1875, le domaine de Vaux-le-Vicomte est mis aux enchères publiques. Le château est alors vide et le jardin à la française n’est plus qu’un lointain souvenir. Alfred Sommier, riche industriel et passionné d’art l’achète et entreprend une restauration exemplaire, dans le respect du style et de l’esprit d’origine. Il réalise les travaux colossaux de restauration et d’aménagement, remeuble les pièces, restaure les décors et redonne aux jardins leur splendeur classique. Il sauve ainsi Vaux-le-Vicomte d’un lent effacement, tout en rendant justice à son bâtisseur.
Le goût d’Alfred Sommier pour les beaux-arts a été formé dans le très bel hôtel particulier construit par la famille Sommier rue de l’Arcade à Paris. Ce lieu a été transformé en 2018 en un établissement de luxe portant le nom d’Hôtel Alfred Sommier.
Patrice de Vogüé, l’ouverture au public en 1968
En 1967, Patrice de Vogüé, descendant des Sommier, reçoit le château en cadeau de mariage. Dès 1968, il décide d’ouvrir les portes du domaine au public et concentre tous ses efforts à réhabiliter le style du XVIIe siècle. De son côté, son épouse Cristina crée la boutique de souvenirs, puis inaugure en 1985 le restaurant Le Relais de l’Ecureuil.
Ensemble, les deux époux fondent, en 1983, l’association des Amis de Vaux-le-Vicomte reconnue d’utilité publique en 2004.
Patrice et Cristina de Vogüé
Aujourd’hui : la cinquième génération
En 2012 Jean-Charles et Alexandre de Vogüé succèdent à leur père à la direction du domaine. De formation et d’horizons différents, ils sont déterminés à accroître son rayonnement sur les scènes culturelles française et internationale. Ascanio de Vogüé, rejoint à son tour ses frères et le château en 2015. Ils sont aujourd’hui la cinquième génération de leur famille à en assurer la gestion pour que l’exceptionnel demeure.
Asciano, Jean-Charles et Alexandre de Vogüé